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🌱 La révolution régénératrice : ce que révèle le rapport Belco 2025 sur l’avenir du café

Cette illustration photoréaliste montre un producteur de café dans une plantation agroforestière, entouré de biodiversité. Elle accompagne l’article Brulea Tech sur le rapport d’impact 2025 de Belco, qui met en avant la révolution régénératrice du café et l’importance de pratiques durables comme l’agroforesterie et le juste prix pour les producteurs.

Origines & impactBrulea Tech
🌱 La révolution régénératrice : ce que révèle le rapport Belco 2025 sur l’avenir du café

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Producteur de café dans une plantation conduite en agroforesterie
Agroforesterie caféière — associer les caféiers, les arbres et d’autres cultures pour travailler sur l’ombre, les sols et la diversification.

Le premier rapport d’impact de Belco ne réduit pas la durabilité à une promesse environnementale. Il la place à l’équilibre entre trois dimensions : agro-environnementale, socio-territoriale et économique. Pour un torréfacteur, ce cadre permet de regarder un café au-delà de son origine et de son profil en tasse.

Le rapport en six repères

  • DocumentPremier rapport d’impact 2025 publié par Belco
  • Cadre3 dimensions : agro-environnementale, socio-territoriale et économique
  • Climat50 % des surfaces cultivables d’arabica pourraient disparaître d’ici 2050
  • Agroforêt34 % des producteurs partenaires et 45 % des références café concernés
  • Génération55 ans : âge moyen d’un producteur de café dans le monde
  • Cap 2030Plus de 90 % des cafés issus d’une transition agroécologique et 80 % importés à la voile

Trois dimensions qui doivent avancer ensemble

Le rapport reprend l’approche tridimensionnelle de la durabilité issue du rapport Brundtland. La dimension agro-environnementale traite des écosystèmes, des sols, de l’eau, des intrants et du climat. La dimension socio-territoriale regarde les conditions de travail, le genre, la jeunesse, les communautés et la transmission. La dimension économique porte sur la stabilité des revenus, la rentabilité des fermes, la transparence et la redistribution de la valeur.

Ce choix de cadre compte : une pratique agricole ne devient pas durable si elle fragilise ceux qui la mettent en oeuvre, et une meilleure rémunération ne suffit pas si la base agronomique se dégrade. Le rapport défend donc un équilibre, pas un indicateur unique.

La durabilité n’est pas une case à cocher : c’est un équilibre entre le sol, les communautés et la viabilité économique.

Le climat ne frappe pas toutes les origines de la même manière

Belco a confié au bureau d’étude Risome une synthèse de travaux consacrés à la Colombie, au Brésil et à l’Éthiopie. Le rapport retient un risque global fort pour l’arabica, mais distingue les situations.

Éthiopie

La production pourrait reculer de 39 à 59 % d’ici 2050. Une remontée des zones de culture en altitude est envisagée, avec en contrepartie des risques de déforestation et de tensions écologiques.

Brésil

Dans certaines régions de culture, les pertes potentielles atteignent 29 % d’ici 2050. Irrigation et mécanisation sont citées parmi les pistes d’adaptation, sans effacer le risque sur les rendements et la qualité.

La conclusion du rapport reste prudente : les réponses doivent être adaptées à chaque territoire. Une moyenne mondiale ne remplace ni la connaissance d’une ferme, ni l’observation de ses sols, de son eau et de son climat.

L’agroforesterie, une architecture agricole

Dans le rapport, l’agroforesterie associe arbres, cultures vivrières ou commerciales et parfois élevage sur une même parcelle. Les arbres fournissent de l’ombre, limitent l’érosion, remontent des nutriments par leurs racines et contribuent à l’humus. Belco indique un écart pouvant aller jusqu’à 2 à 5 °C de moins sous ombrage qu’en plein soleil.

Le rapport insiste aussi sur la diversification : fruits, bois, miel, épices ou élevage peuvent compléter le café. Cette pluralité ne garantit pas à elle seule la résilience d’une ferme, mais elle réduit sa dépendance à une seule production.

34%
Des producteurs partenaires de Belco produisent en agroforesterie
45%
Des références café de Belco sont produites en système agroforestier

Une filière confrontée à la transmission

Le rapport donne un âge moyen mondial de 55 ans pour les producteurs de café. Il ne présente toutefois pas la relève comme un problème uniforme : accès à la terre, crédit bancaire, revenus, pénibilité, migration et fragmentation des parcelles ne se combinent pas de la même façon en Éthiopie, en Colombie ou en Amérique centrale.

Le constat sur les femmes demande la même précision. Selon les chiffres repris par Belco, elles représentent 80 % de la main-d’oeuvre, mais seulement 20 % des postes de décision, 10 % des propriétaires de ferme et 20 % des entrepreneurs. Le rapport relie cette asymétrie à son initiative Women Coffee et à sa charte de sourcing éthique.

Le prix juste commence par des termes exacts

Le rapport rappelle que, dans huit des dix plus grands pays producteurs, le revenu moyen issu du café se situe au niveau ou en dessous du seuil de pauvreté, en citant le Coffee Barometer 2023. Il propose ensuite de rendre visibles les coûts de production, le sourcing, le contrôle qualité, le transport, le stockage et la torréfaction.

Dans son focus colombien sur les prix d’achat 2024, Belco déclare avoir payé en moyenne les producteurs 12,40 % au-dessus du marché local pour les cafés de région, 27,35 % pour les cafés de terroir et 150 % pour les cafés de ferme. Le dernier chiffre ne décrit donc pas tous les achats : il correspond à une catégorie précise.

Lecture Brulea

Pour un torréfacteur, ce rapport suggère d’ajouter des critères de durabilité à ceux déjà utilisés pour acheter un café vert : origine, qualité en tasse, volume, prix et régularité. C’est une grille de lecture possible, pas une preuve automatique sur chaque lot. Les informations de la ferme, la traçabilité disponible et le dialogue avec le fournisseur restent indispensables.

De la déclaration à l’outil de décision

Belco présente son Impact Score comme un outil de mesure et d’accompagnement. Il organise 24 indicateurs autour des trois dimensions du rapport et doit aider à comparer les cafés, identifier des projets à l’origine et suivre des pistes de progression.

Cette lecture a une limite claire : le rapport est publié par Belco et rassemble des données déclarées par l’entreprise, des données de ses équipes terrain et des sources externes identifiées. Il ne constitue pas, à lui seul, un audit indépendant de chaque café.

Source principale

Consulter le rapport d’impact 2025 et la page Impact de Belco. Les chiffres de cet article sont attribués au rapport ; les passages « Lecture Brulea » sont explicitement présentés comme une interprétation.

Ce que le rapport déplace

La « révolution régénératrice » annoncée par Belco ne tient pas dans une pratique miracle. Le rapport déplace plutôt la question : un café durable doit rester cultivable, permettre une vie économique viable, renouveler les générations et rendre ses choix plus lisibles. Pour le torréfacteur, la conséquence est concrète : demander des faits plus précis, comparer des situations comparables et expliquer au client final ce que le prix finance réellement.

Références citées

Pour aller à la source.

Retrouvez les documents et sites mentionnés dans l’article.

SourceConsulter le rapport d’impact 2025 et la page Impact de Belco